René Ugarte (Vénézuela, 1951)


A l'intérieur de formes carrées et rectangulaires, l'artiste élabore un réseau de lignes qui déstructure l'espace du tableau, effet accentué par l'utilisation de couleurs vives.

Biographie

Sensible et sobre, l'oeuvre de Ugarte est le fruit d’une réflexion cohérente et d’une discipline rigoureuse. Basées sur le concept de structure, ses peintures, exécutées sur toile et bois, révèlent une configuration simple : l’utilisation de formes pures (carré et rectangle) et de la ligne de façon alternative et répétitive. Ugarte élabore un réseau de lignes qui traversent le tableau horizontalement, verticalement et en diagonale. La diagonale qu’il utilise de façon systématique lui permet d’accentuer le dynamisme de l’oeuvre. A travers ce réseau de lignes, apparaissent des formes orthogonales déterminées par des aplats de couleurs vives.

Néanmoins, cette structure géométrique rigoureuse qui confère au tableau une impression d'équilibre et d'unité visuelle, n'en est pas moins illusoire. C’est la mise en déséquilibre, l'asymétrie, la déstructuration que l’artiste recherche dans son travail. Aussi joue-t-il d'ambiguïté et de dynamique pour acquérir une présence plus importante dans l'espace et arriver à une nouvelle lecture, une lecture discontinue de son oeuvre.

Formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Valencia au Vénézuela, René Ugarte s’est particulièrement inspiré de l’art abstrait de Casimir Malevitch, fondateur du suprématisme, mais également des peintres du néoplasticisme de Piet Mondrian et de Théo van Doesburg. Au sein de ces concepts abstraits et constructifs auxquels Ugarte se réfère, « il a trouvé de remarquables solutions au problème de la perception ambiguë de l’espace pictural en combinant le bidimensionnel à des volumes superposés». Son intégration dans le milieu artistique de l’époque est aussi encouragée par la présence d’artistes vénézuéliens, Jesús Rafael Soto et Carlos Cruz Diez, grands maîtres cinétiques pour lesquels il a travaillé.