Nicolas Schöffer (Hongrie, 1912, Paris, 1992)

Père de l'art cybernétique dès 1948, il introduit l'interactivité et la programmation dans ses créations.

Biographie

Nicolas Schöffer est un artiste français d'origine hongroise. Après des études aux Beaux-Arts de Budapest et un doctorat en Droit, il vient s'installer à Paris en 1936. Son processus créatif traverse différentes étapes successives. Entre 1936 et 1948, il accomplit diverses séries de peintures et de dessins (paysages, natures mortes et portraits) dans les mouvances « classiques », « turque », « surrréalistes » et « lyriques ».

En 1948, il invente le Spatiodynamisme, c'est-àdire, selon sa définition, « l'intégration constructive et dynamique de l'espace dans l'oeuvre plastique ». Ses oeuvres d’alors n’encombrent pas l’espace de leur volume opaque, mais sont au contraire ouvertes afin que le regard du spectateur puisse les traverser. L’Espace Meyer Zafra expose ses toiles dites « Spatioplastiques » qui contiennent de petits éléments étrangers à la peinture, faisant apparaître les premiers timides reliefs entre 1948 et 1950. Ces reliefs témoignent de sa première volonté de « faire sortir l’oeuvre du mur ».

Dès les années 1950, il introduit l'interactivité et la programmation dans ses créations sculpturales, architecturales et urbanistiques, et crée les premières oeuvres multimédia interactives avec de jeunes créateurs comme Pierre Henry ou Maurice Béjart. Le Schöffer sculpteur d’espace, de lumière et de temps montre dans ses oeuvres des matériaux immatériels.

Il travaille également avec le Nombre d’Or, la « divine proportion » comme l’appelait Pythagore, pour développer entre 1974 et 1976, un petit nombre de compositions sérigraphiées traduites sous différentes formes : Cassetra (boîte dans laquelle peuvent permuter des plaques Unitra), Panetra (plaques de plexiglas sur lesquelles sont collées des oeuvres originales autocollantes), Varetra (boîte électrique construite sur le même principe que le Cassetra mais lumineuse). Cette série démontre la volonté de Schöffer de placer l’interactivité avec le spectateur au centre de son oeuvre.

Enfin, sa réflexion aboutit au Chronodynamisme en 1959, avec la série des Chronos : des sculptures programmées réagissant au passage du temps, à l'alternance jour/nuit, etc. La Tour Lumière Cybernétique, projet de 1963, aurait dû être construite à la Défense et aurait ainsi été l’unique sculpture monumentale à refléter par ses lumières et ses mouvements, la vie d’une ville : Paris.