Jesus Soto (Vénézuela, 1923, France, 2005)

Grand maître de l'art cinétique, ses volumes sont conçus pour transformer le rapport de l'homme à l'oeuvre d'art en le confrontant au mouvement et à la vibration de l'espace plastique.

Biographie

Formé à l’école des Beaux Arts de Caracas, Soto s’installe en France en 1950. Son ambition est de déplacer la notion d’oeuvre d’art en introduisant des éléments perturbateurs comme le mouvement mais en maintenant le rapport frontal avec le spectateur. Il supprime tout ce qui a rapport avec l’expression, le sentiment et l’irrationnel.

Ses volumes plastiques sont conçus pour transformer le regard de l’homme, enrichir son expérience en le confrontant à un nouvel espace, à de nouvelles couleurs. Mais indéniablement, c’est l’introduction du mouvement, et non plus sa suggestion, qui devient le moteur premier de son aventure artistique.

Il travaille très vite la transparence en intégrant une surface en plexiglas superposée au tableau et sur laquelle un dessin (spirales, pointillés, carrés, quadrillage..etc) engendre une certaine vibration de l’oeuvre. Le renoncement au moteur pour créer le mouvement est la preuve qu’il souhaite privilégier la peinture avant tout. Le mouvement est l’essence de l’oeuvre : face à elle, le spectateur a le loisir de choisir son point de vue et en se déplaçant, il peut varier à l’infini son expérience visuelle. La création de Soto est délivrée de toute citation antérieure et ne se recommande que de la plus pure géométrie. Il abandonne la surface de la toile comme lieu unique de l’expression artistique en y introduisant des matériaux non spécifiques comme le plexiglas et l’acier. Il multiplie les axes de recherches. Le carré est très présent dans son oeuvre et se fait dès le début la base de son lexique artistique.

En suspendant horizontalement des tiges métalliques qui oscillent sans contrainte devant le tableau, il parvient à un degré de moins en moins contrôlable et se rapproche de la démarche d’Alexandre Calder. Sauf que l’oeuvre se limite à l’espace compris entre les tiges et le tableau, entre la sculpture et la peinture. Les graphismes ludiques et spontanés de Soto vont encore plus loin avec les Pénétrables, avec lesquels la participation du spectateur atteint son paroxysme. Son oeuvre matérialise l’abolition de la distance entre le corps et l’oeuvre et l’ambition d’aller toujours plus avant dans la construction de volumes aériens et presque impalpables.