Jean-Claude Reussner (Suisse, 1929)


Peintre et sculpteur basant son oeuvre sur le cube et sur le nombre d'or, jouant des effets d'ombres et de lumière, du plein et du vide dans l'esprit de l'abstraction géométrique la plus pure.

Biographie

L'oeuvre de Reussner est l'histoire d'une synthèse entre les deux facettes d'un même artiste : le peintre, qui se forme à l'age de vingt ans dans les ateliers d'André Lhote et de Fernand Léger et fait ses premières expositions personnelles à Genève et à Lausanne dans les années soixante ; et le fondeur d'art qui reprend en 1961 la fonderie de son père et travaille pendant vingt ans pour de nombreux sculpteurs à travers le monde.

Dans un premier temps, il travaille le bronze, mais son exigence de plasticien l'incite à rechercher une matière mieux à même d'exprimer non seulement son goût pour une structuration géométrique de l'espace, très présent dans ses peintures, mais aussi sa recherche d'une sensualité tactile et visuelle immédiatement perceptible. Ce sera la pierre, et plus spécifiquement deux pierres, le marbre blanc de l'île grecque de Thasos, et le gabbro, cette roche noire plutonique issue de lentes cristallisations des profondeurs des terres sud-africaines. Là encore, deux facettes d'une même démarche : il choisit le marbre blanc le plus irradiant, presque diaphane et translucide aux bords, mais aussi la mieux à même de piéger les ombres, et le basalte noir le plus profond, mais aussi le plus apte à capter et réverbérer la lumière… ainsi le mène cette recherche continue de la lumière blanche à la lumière noire.

Cette oeuvre sculptée en noir et blanc repose sur une forme fondamentale, fondatrice, le cube. C'est à partir de cette assise cubique que Reussner invente des jaillissements, des empilements, des obliques, des pénétrations ; la compacité originelle étant ici travaillée par une science aiguë du vide.

Le même défi, consistant à bannir toute idée de couleur et privilégier une recherche constante de la lumière et une organisation rigoureuse de l’espace, préside à sa démarche picturale. Les carrés noirs et blancs de Reussner s’ordonnent selon une géométrique pure, cosmique et dans l’harmonie du nombre d’or.

Oxymore de l'ombre et de la lumière, du plein et du vide, de la rigueur et de la sensualité, de l'unité et de l'éclatement, l'oeuvre de Reussner est celle d'un architecte et d'un poète.